
Comment faire du compost ? Vous voulez recycler vos déchets de cuisine et de jardin pour nourrir naturellement votre sol ?
Comment faire du compost ? C’est l’art de transformer vos déchets organiques (épluchures, tontes, feuilles…) en un terreau sombre, souple et riche, grâce au travail des micro‑organismes et des petites bêtes du sol.
- Introduction : pourquoi faire du compost ?
- Choisir l’endroit et le composteur
- Que mettre (et ne pas mettre) dans le compost ?
- Comment démarrer un compost étape par étape
- Entretenir son compost : aération, humidité, brassage
- Comment utiliser le compost au jardin
- Checklist rapide
- Erreurs fréquentes à éviter
- FAQ : questions qu’on se pose souvent
Pourquoi faire du compost au jardin ?
Faire son propre compost, c’est :
– réduire sa poubelle de déchets ménagers,
– enrichir la terre sans engrais chimiques,
– améliorer la structure du sol, donc la santé des plantes.
Un sol vivant retient mieux l’eau, se travaille plus facilement et limite les maladies. C’est la base d’un jardin résilient, surtout si vous visez un potager productif ou un jardin nourricier, comme quand on plante un figuier en permaculture ou une haie fruitière.
Checklist rapide
Pour les pressés, voici les grandes lignes de comment faire du compost :
– Choisir un coin ombragé, à même la terre, facilement accessible.
– Installer un composteur (bois, plastique, palette, tas libre…).
– Alterner couches de matières « vertes » (fraîches, humides) et « brunes » (sèches, carbonées).
– Découper en petits morceaux pour accélérer la décomposition.
– Garder le tas humide comme une éponge essorée.
– Brasser 3–4 fois par an pour réoxygéner.
– Attendre 6 à 12 mois : compost mûr, sombre, qui sent la forêt.
On détaille tout ça ci‑dessous.
Choisir l’endroit et le bon composteur
Où installer son compost ?
Un bon emplacement, c’est déjà 50 % du travail.
Idéalement :
– **À même la terre** : pour laisser entrer vers de terre, cloportes, bactéries… Ce sont vos meilleurs alliés.
– **À mi‑ombre** : trop de soleil dessèche le tas, trop d’ombre froide ralentit le processus.
– **À proximité de la maison** : pour vider facilement le seau de cuisine, même sous la pluie.
– **Loin des zones très humides** : un sol gorgé d’eau donne un compost qui fermente et sent mauvais.
Évitez :
– le plein soleil contre un mur exposé sud,
– les coins inondables,
– le contact direct avec des racines envahissantes (bambou, liseron, ronces…).
Quel type de composteur choisir ?
Vous avez plusieurs options :
– **Composteur en tas libre** :
– Avantages : gratuit, simple, grande capacité.
– Inconvénients : moins esthétique, plus sensible aux animaux (poules, chats, rongeurs…).
– **Composteur en bac (bois ou plastique)** :
– Avantages : propre, compact, protège du vent et de la pluie, idéal pour petit jardin.
– Inconvénients : volume limité, investissement de départ.
– **Composteur fait maison en palettes** :
– Avantages : économique, modulable, bonne aération.
– Inconvénients : demande un peu de bricolage.
Pour bien choisir, vous pouvez vous appuyer sur le guide pratique du composteur déjà publié sur Jardin365 : il détaille les modèles, matériaux et astuces pour bien s’équiper.
Que mettre (et ne pas mettre) dans le compost ?
Comment faire du compost ? D’abord en choisissant les bonnes matières, et en respectant l’équilibre entre « vert » et « brun ».
Les matières vertes (azotées)
Elles sont fraîches, humides, riches en azote. Elles nourrissent les micro‑organismes.
À mettre sans hésiter :
– Épluchures de fruits et légumes (crus), trognons, fanes.
– Marc de café, filtres en papier, sachets de thé sans agrafes.
– Tontes de gazon en fines couches.
– Restes de plantes vertes du jardin (tiges tendres, fleurs fanées non malades).
– Coquilles d’œufs écrasées (apport de calcium, mais se dégradent lentement).
Ces matières se décomposent vite mais peuvent devenir collantes et malodorantes si elles sont en excès.
Les matières brunes (carbonées)
Elles sont sèches, riches en carbone, structurent le tas et apportent de l’air.
À ajouter généreusement :
– Feuilles mortes.
– Broyat de branches, tailles de haies, petits rameaux.
– Carton brun non imprimé (sans scotch), boîtes d’œufs.
– Papier kraft, essuie‑tout non gras.
– Paille, foin sec, copeaux et sciure non traités.
Astuce : si vous pratiquez déjà le paillage au jardin, vous avez sous la main d’excellentes matières brunes.
Ce qu’il vaut mieux éviter ou limiter
À **éviter** dans un compost de jardin classique :
– Viande, poisson, charcuterie.
– Produits laitiers (fromage, lait, yaourt…).
– Huiles et graisses de cuisson.
– Litières minérales.
– Verre, métal, plastique, cendres de charbon.
À **utiliser avec prudence** :
– Agrumes en grande quantité (acidifiant, ralentit la vie du tas).
– Pain et pâtes cuites (attirent rongeurs, moisissures).
– Mauvaises herbes montées en graines.
– Plantes très malades (risque de disséminer les maladies).
L’équilibre vert / brun : la clé d’un bon compost
Visez, en volume :
– **1 part de vert** pour **2 à 3 parts de brun**.
Concrètement :
– Vous videz un seau d’épluchures ? Ajoutez immédiatement une couche de feuilles mortes ou de carton déchiré.
– Vous tondez la pelouse ? Mélangez les tontes avec du broyat de branches ou des feuilles.
Comment démarrer un compost étape par étape
Voici une méthode simple pour bien lancer votre premier tas.
1. Préparer le sol
– Désherbez grossièrement l’emplacement.
– Griffez légèrement le sol pour faciliter la circulation des vers et de l’eau.
– Évitez les bâches plastiques sous le compost : elles bloquent la vie du sol.
2. Poser une couche drainante
Commencez par :
– 10–15 cm de petites branches, tiges grossières, brindilles.
Cette couche :
– évite l’asphyxie par le bas,
– crée une aération naturelle.
3. Alterner les couches
Ensuite, alternez :
– **Une couche de vert** (5–10 cm) : épluchures, tontes, restes de récolte.
– **Une couche de brun** (5–10 cm) : feuilles mortes, broyat, carton.
Plus les morceaux sont petits, plus le compostage est rapide. N’hésitez pas à :
– couper les tiges,
– déchirer le carton,
– broyer les branches.
4. Humidifier si besoin
Au démarrage, le tas doit être :
– humide comme une **éponge essorée**.
Si tout est trop sec (beaucoup de feuilles mortes, de carton) :
– arrosez légèrement entre les couches,
– ou videz un seau d’eau de pluie sur le tas, puis mélangez un peu.
5. Couvrir le tas
Pour garder l’humidité et protéger de la pluie battante :
– posez un vieux morceau de moquette en fibres naturelles, une bâche respirante ou un carton épais sur le dessus.
Cela limite aussi l’apparition de moucherons et d’odeurs.
Entretenir son compost : les bons gestes
Comment faire du compost qui avance régulièrement ? Il faut l’aider un peu : air, eau, équilibre des apports.
Brasser et aérer
Les micro‑organismes ont besoin d’oxygène. Sans air, le tas fermente et sent mauvais.
– Utilisez une fourche ou un aérateur de compost.
– Remuez en profondeur tous les 2–3 mois.
– Si vous êtes motivé, vous pouvez retourner entièrement le tas au bout de 3–4 mois :
– le cœur chaud passe à l’extérieur,
– les parties peu décomposées reviennent au centre.
Gérer l’humidité
Test simple :
– Prenez une poignée de compost,
– serrez-la dans votre main.
Résultat :
– Quelques gouttes sortent : parfait.
– Rien ne sort et c’est poussiéreux : trop sec.
– L’eau coule entre vos doigts : trop humide.
Solutions :
– **Trop sec** : arrosez légèrement, ajoutez plus de matières vertes.
– **Trop humide** : ajoutez des matières brunes (carton, feuilles), aérez plus souvent, couvrez mieux.
Continuer les apports au fil des saisons
Au jardin, les matières ne manquent pas :
– Printemps : tontes de gazon, tailles d’arbustes, premières mauvaises herbes.
– Été : résidus de récoltes (pieds de salades, tiges de pois, de haricots…), fleurs fanées. Pour les restes de culture comme les pois, voyez aussi la gestion des résidus dans le guide sur les pois chiches ou les haricots rouges.
– Automne : feuilles mortes, tailles de haies, restes de potager.
– Hiver : carton, épluchures de cuisine, cendres de bois en très petite quantité.
Combien de temps faut-il pour obtenir du compost ?
Selon :
– la taille des morceaux,
– la fréquence de brassage,
– la saison,
comptez en général :
– **6 à 12 mois** pour un compost mûr.
Un compost bien avancé :
– est sombre, grumeleux,
– sent la forêt ou la terre fraîche,
– ne laisse plus reconnaître les déchets d’origine (sauf quelques coquilles d’œufs ou morceaux de bois).
Comment utiliser le compost au jardin ?
Quand votre compost est prêt, vous disposez d’un véritable « or noir » pour tout le jardin.
Au potager
– **En préparation de culture** :
– Étalez 2–3 cm de compost mûr sur le sol,
– incorporez légèrement en surface (sans retourner profondément),
– idéal avant de planter tomates, courges, épinards, etc.
Pour aller plus loin sur une culture précise, voyez par exemple le guide complet sur les épinards ou le guide tomate.
– **En surfaçage** :
– Autour des légumes en place, en couche fine (1–2 cm),
– recouvrez éventuellement avec un paillage.
Au verger et pour les arbustes
– Déposez 2–4 cm de compost au pied des fruitiers (pommiers, poiriers, figuiers, groseilliers…).
– Laissez les vers l’incorporer progressivement.
– Complétez avec un paillage (feuilles mortes, BRF) pour protéger le sol.
Si vous installez ou entretenez un groseiller ou un figuier, le compost est un allié précieux pour la reprise et la fructification.
Pour les massifs, fleurs et pelouse
– **Massifs de vivaces et rosiers** :
– 2–3 cm de compost au printemps,
– griffez légèrement en surface.
– **Pelouse** :
– tamisez le compost,
– épandez une fine couche sur le gazon (top‑dressing),
– cela améliore la structure du sol et la résistance du gazon.
Pour un gazon en pleine forme, complétez avec les conseils de l’article sur un gazon réussi.
Compost jeune vs compost mûr
– **Compost jeune** (3–6 mois) :
– encore grossier,
– à utiliser plutôt en paillage au pied des arbres et arbustes.
– **Compost mûr** (6–12 mois) :
– bien décomposé,
– à mélanger à la terre pour les semis en pleine terre, plantations en pot, surfaçage.
Erreurs fréquentes à éviter
Avant la FAQ, un point sur ce qui bloque souvent un compost.
1. Mettre trop de tontes de gazon d’un coup
Les tontes fraîches :
– se tassent,
– fermentent,
– dégagent une odeur forte.
Solution :
– toujours les mélanger avec des matières brunes (broyat, feuilles, carton),
– éviter les couches épaisses.
2. Oublier les matières brunes
Uniquement des épluchures et déchets de cuisine =
– tas trop humide,
– manque d’air,
– décomposition lente.
Pensez à garder un sac de feuilles mortes ou de carton déchiré à côté du composteur pour en ajouter à chaque apport.
3. Ne jamais brasser le tas
Sans aération :
– le cœur se compacte,
– les bactéries anaérobies prennent le dessus,
– les mauvaises odeurs apparaissent.
Un brassage régulier (même léger) change vraiment la donne.
4. Arroser comme un massif de fleurs
Inonder le compost :
– chasse l’air,
– lessive les nutriments,
– ralentit tout.
Visez la fameuse texture « éponge essorée ».
5. Jeter des déchets inadaptés
Viande, fromage, plats cuisinés gras :
– attirent rats et mouches,
– génèrent des odeurs,
– compliquent la gestion.
Restez sur des matières végétales simples et quelques apports d’origine animale non gras (coquilles d’œufs, par exemple).
FAQ : vos questions sur comment faire du compost
Mon compost sent mauvais, que faire ?
Une mauvaise odeur (œuf pourri, fermentation) indique :
– trop d’humidité,
– manque d’air,
– excès de matières vertes.
Actions :
– brassez le tas en profondeur,
– ajoutez des matières brunes (carton, feuilles, broyat),
– couvrez pour limiter la pluie.
Y a-t-il des bêtes dans le compost ? Est-ce normal ?
Oui, et c’est même bon signe :
– vers de terre,
– cloportes,
– mille‑pattes,
– petites larves blanches (souvent des cétoines, utiles).
Elles participent toutes à la décomposition. Seules les grosses larves de hannetons sont à surveiller au potager, mais elles restent rares dans un compost équilibré.
Peut-on composter en ville ou sur un balcon ?
Oui, avec :
– un lombricomposteur (vers de compost) pour l’intérieur ou le balcon,
– un petit composteur de cour,
– un composteur partagé de quartier.
Les principes restent les mêmes : équilibre vert/brun, aération, humidité maîtrisée.
Faut-il retourner entièrement le compost ?
Ce n’est pas obligatoire, mais :
– un retournement complet accélère fortement le processus,
– surtout si vous voulez du compost en moins de 6–8 mois.
Sinon, un brassage partiel régulier suffit pour un compost plus lent mais tout aussi bon.
Peut-on mettre des branches entières ?
Les grosses branches se décomposent très lentement.
– Broyer ou couper en petits morceaux avant de les ajouter.
– Ou les utiliser plutôt en haie sèche décorative (voir l’article sur la haie sèche) ou en bois de chauffage.
Faut-il ajouter un activateur de compost ?
En général, non :
– un bon mélange de matières vertes et brunes,
– une humidité correcte,
– un peu de terre de jardin au démarrage
suffisent largement.
Les « activateurs » du commerce sont surtout utiles si votre tas est très pauvre en azote ou très sec.
En résumé : Comment faire du compost ?
– Installez un composteur à même la terre, à mi‑ombre, accessible au quotidien.
– Alternez systématiquement matières vertes (épluchures, tontes) et brunes (feuilles, carton).
– Maintenez une humidité d’ »éponge essorée » et brassez le tas plusieurs fois par an.
– Évitez viandes, produits laitiers et déchets trop gras qui attirent les nuisibles.
– Utilisez le compost mûr (6–12 mois) en couche de 2–3 cm pour nourrir potager, fruitiers et massifs.
Cet article s’appuie sur les pratiques de terrain de jardiniers amateurs et sur les grands principes de gestion des sols vivants.
Envie d’aller plus loin dans un jardin plus autonome et naturel ? Explorez les autres guides de Jardin365 et commencez à composter dès cette saison.
Pour aller plus loin
Ressources officielles :
– Guide du compostage domestique sur le site de l’ADEME : ademe.fr – Composter ses déchets
– Informations sur la réduction des déchets ménagers : ecologie.gouv.fr – Gestion des déchets
Articles complémentaires sur Jardinerbio.com :
– Comment faire un compost : guide complet
– Comment faire un compost sans odeur
– Garder son compost en bonne santé
– Le marc de café au compost : bien doser