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Purin d’ortie : recette, dosage et utilisations au jardin

01/05/2026 par Jardin365 • Temps de lecture 11 min

Préparation de purin d’ortie maison dans un seau au jardin, avec feuilles d’orties fraîches, pour fertiliser et protéger les plantes naturellement

Purin d’ortie : comment le préparer, le doser et l’utiliser sans risque au jardin ?

Le Purin d’ortie est une macération fermentée de feuilles d’orties dans l’eau, utilisée comme engrais naturel et parfois comme répulsif ou stimulant pour les plantes.

Le purin d’ortie : un allié puissant… à manier avec soin

Le purin d’ortie est devenu l’un des symboles du jardinage naturel. Il nourrit les plantes, stimule leur croissance et renforce leur résistance, tout en valorisant une « mauvaise herbe » souvent envahissante.

Mais c’est aussi un produit très concentré : mal préparé ou mal dosé, il peut brûler les feuilles, déséquilibrer le sol et attirer les ravageurs au lieu de les éloigner.

D’où l’intérêt de bien comprendre comment le fabriquer, quand l’utiliser… et quand s’en passer.

Checklist rapide

Avant de vous lancer, vérifiez ces points :

  • Orties récoltées avant floraison, loin des routes et zones traitées.
  • Récipient en plastique, bois ou terre cuite (jamais en métal).
  • Proportions de base : 1 kg d’orties fraîches pour 10 L d’eau.
  • Macération à l’ombre, brassage quotidien, durée 7 à 14 jours selon la température.
  • Filtration soignée pour ne pas boucher les arrosoirs.
  • Engrais : dilution 10 % (1 L de purin pour 9 L d’eau).
  • Feuillage : dilution 5 % maximum, pulvérisation le soir.
  • Jamais sur jeunes plants tout juste repiqués ni en pleine canicule.

Choisir et récolter les orties pour un bon purin

Quelle espèce d’ortie utiliser ?

Pour le purin d’ortie, on utilise principalement :

  • Urtica dioica (grande ortie) : la plus courante, très riche en azote, fer et oligo-éléments.
  • Urtica urens (petite ortie) : plus rare au jardin, mais tout aussi adaptée.

Évitez les orties rabougries, jaunies ou très poussiéreuses : la qualité de la plante se retrouve dans le purin.

Quand récolter les orties ?

Pour un purin d’ortie riche et équilibré :

  • Période idéale : du printemps au début de l’été.
  • Stade de la plante : avant floraison, quand les tiges sont encore tendres.
  • Moment de la journée : plutôt le matin, sur plantes sèches (pas de rosée).

Les jeunes pousses sont plus concentrées en azote et en minéraux, ce qui en fait une base parfaite pour un engrais maison.

Où et comment les cueillir ?

  • Évitez les bords de routes, parkings, zones industrielles ou champs traités.
  • Préférez les friches, haies, talus peu fréquentés.
  • Coupez les tiges avec un sécateur ou un couteau, au-dessus du sol.

Portez des gants épais, manches longues et, idéalement, lunettes de protection. L’ortie pique, mais elle est aussi une excellente plante sauvage comestible : si le sujet vous intéresse, voyez le guide sur les mauvaises herbes comestibles.

Recette de purin d’ortie : pas à pas

Le matériel nécessaire

Pour 10 litres de purin d’ortie :

  • 1 seau ou bidon de 15 L en plastique alimentaire, bois ou terre cuite.
  • 1 couvercle posé (mais non hermétique) ou un tissu pour limiter les odeurs et les insectes.
  • 1 bâton ou manche pour brasser.
  • 1 seau ou récipient propre pour la filtration.
  • 1 tamis fin ou un vieux tissu (type drap, rideau) pour filtrer.
  • Des bouteilles opaques ou bidons pour le stockage.

Évitez absolument les récipients métalliques : l’acidité du purin peut les corroder et relarguer des métaux dans la préparation.

Proportions de base

Deux options sont possibles :

  • Avec orties fraîches : 1 kg de parties aériennes (tiges + feuilles) pour 10 L d’eau.
  • Avec orties sèches : environ 200 g pour 10 L d’eau.

L’eau de pluie est idéale, mais une eau du robinet reposée 24 h (pour laisser s’évaporer le chlore) convient aussi.

Étapes de préparation

1. Couper les orties en tronçons de 5–10 cm pour augmenter la surface de contact.
2. Remplir le récipient au 2/3 avec les orties, sans tasser exagérément.
3. Ajouter l’eau jusqu’à recouvrir largement les orties.
4. Poser un couvercle ou un tissu (sans fermer hermétiquement) pour laisser les gaz s’échapper.
5. Placer à l’ombre, à l’extérieur si possible, car les odeurs peuvent être fortes.
6. Brasser chaque jour pendant toute la durée de la fermentation.

Durée de fermentation

La durée dépend de la température :

  • Par temps chaud (20–25 °C) : 7 à 10 jours.
  • Par temps frais (10–15 °C) : 12 à 15 jours.

Le purin d’ortie est prêt lorsque :

  • De grosses bulles de fermentation ne remontent plus.
  • La couleur est brun foncé.
  • L’odeur est forte, mais plus « stable » (moins de mousse en surface).

Filtration et stockage

1. Filtrer soigneusement à travers un tamis fin ou un tissu, dans un autre récipient.
2. Presser les résidus d’orties pour extraire le maximum de jus.
3. Jeter les résidus au compost : ils enrichiront votre tas.
4. Transvaser le purin filtré dans des bouteilles ou bidons opaques, bien fermés.
5. Stocker à l’ombre et au frais (cave, garage) pour limiter l’oxydation.

Conservation : 3 à 6 mois dans de bonnes conditions. Au-delà, l’efficacité diminue et l’odeur devient souvent plus désagréable.

Pour d’autres idées d’engrais maison, vous pouvez combiner le purin d’ortie avec des ressources simples du quotidien, comme expliqué dans l’article sur le marc de café au potager ou celui sur les coquilles d’œuf au jardin.

Dosages et utilisations du purin d’ortie

Engrais pour le sol (arrosage au pied)

C’est l’usage principal du purin d’ortie :

  • Rôle : engrais azoté, stimulant de croissance, apport d’oligo-éléments.
  • Dilution standard : 10 % (1 L de purin pour 9 L d’eau).
  • Fréquence : tous les 10 à 15 jours en période de croissance.

Comment procéder :

  • Arroser au pied, sur sol déjà humide, jamais sur sol sec brûlant.
  • Éviter tout contact avec le feuillage pour limiter les risques de brûlure.
  • Ne pas utiliser en continu toute la saison : alterner avec d’autres engrais plus équilibrés.

Pour diversifier vos apports, pensez aussi aux engrais naturels faciles à trouver au quotidien, qui complètent bien le purin d’ortie.

Pulvérisation sur le feuillage

On lit souvent que le purin d’ortie est un insectifuge ou un fongicide, mais les études récentes nuancent beaucoup ces affirmations.

Si vous souhaitez tout de même l’utiliser en pulvérisation :

  • Dilution très légère : 5 % maximum (0,5 L de purin pour 9,5 L d’eau).
  • Moment : en fin de journée ou par temps couvert, jamais en plein soleil.
  • Plantes : éviter les feuillages fragiles (jeunes salades, semis tout récents).

Objectif : stimuler la plante plus que « tuer » les ravageurs. Pour une vraie stratégie contre les pucerons, mieux vaut s’appuyer sur des auxiliaires comme les coccinelles, détaillés dans l’article sur les pucerons au potager et les solutions naturelles.

Quand ne pas utiliser le purin d’ortie ?

  • Sur jeunes plants fraîchement repiqués : risque de stress et de brûlure.
  • En pleine canicule : le sol sec + azote concentré = racines brûlées.
  • Sur sols déjà très riches en azote (fumier frais, compost très jeune).
  • En fin de saison sur les cultures qui doivent mûrir (tomates, courges) : trop d’azote favorise les feuilles au détriment des fruits.

Purin d’ortie au potager : cas concrets

Tomates, courgettes et légumes gourmands

Ce sont les grandes bénéficiaires du purin d’ortie, à condition de ne pas en abuser.

  • Tomates :
    • Attendre 10–15 jours après la plantation.
    • Arroser au pied à 10 % toutes les 2 semaines jusqu’à la formation des premiers bouquets de fleurs.
    • Réduire ensuite pour ne pas favoriser trop de feuillage au détriment des fruits.
  • Courgettes, concombres, courges :
    • Arrosage au pied à 10 % toutes les 2–3 semaines en début de croissance.
    • Compléter ensuite avec un apport plus riche en potasse (cendres de bois bien mûries, par exemple).

Pour aller plus loin sur les associations de légumes et la fertilité du sol, jetez un œil à l’article sur courgettes et haricots au potager, qui montre comment les plantes peuvent aussi s’entraider.

Salades, épinards et légumes-feuilles

Ils apprécient l’azote, mais sont sensibles aux excès :

  • Dilution à 5–8 % maximum.
  • Arrosage plutôt en début de culture, tous les 15 jours.
  • Arrêt 2–3 semaines avant la récolte pour éviter un excès de nitrates dans les feuilles.

Légumes racines (carottes, betteraves, pommes de terre…)

Les racines n’aiment pas les excès d’azote :

  • Carottes, panais, navets : éviter le purin d’ortie, qui favorise le feuillage au détriment de la racine.
  • Betteraves : un petit apport à 5–8 % en début de culture peut aider, mais sans excès.
  • Pommes de terre : un apport léger à 5–8 % juste après levée, puis on stoppe pour privilégier la formation des tubercules (voir aussi l’article sur pommes de terre et aneth pour les associations bénéfiques).

Purin d’ortie au jardin d’ornement

Roses et arbustes à fleurs

Les rosiers et de nombreux arbustes apprécient un petit coup de pouce au printemps.

  • Au débourrement (reprise de végétation) : 1 arrosage à 10 % au pied.
  • Avant la floraison principale : un second arrosage à 10 % si le sol est pauvre.
  • Éviter les apports tardifs en saison, qui favorisent des pousses tendres plus sensibles aux maladies.

Pour compléter, les rosiers profitent aussi d’une bonne prévention des maladies et d’une taille adaptée, détaillées dans les guides sur la plantation des rosiers ou la prévention des maladies du rosier.

Vivaces, massifs fleuris, bulbes

  • Vivaces et massifs : un apport léger à 5–8 % au printemps peut booster la reprise.
  • Plantes sensibles (feuillage fin, plantes alpines) : éviter ou tester sur une petite zone.
  • Bulbes (tulipes, narcisses, jacinthes, etc.) : inutile, surtout si le sol est déjà amendé en compost.

Pelouse

On peut théoriquement utiliser le purin d’ortie dilué pour verdir une pelouse, mais :

  • C’est long et fastidieux à appliquer sur de grandes surfaces.
  • Le risque de surdosage est réel.

Mieux vaut, pour une pelouse plus résiliente, adopter une tonte raisonnée et des apports réguliers de compost mûr.

Conservation, odeurs et aspects légaux

Limiter les odeurs du purin d’ortie

Le purin d’ortie sent fort, c’est normal. Pour rendre le tout plus supportable :

  • Placer le récipient loin des fenêtres et lieux de vie.
  • Le garder à l’ombre, ce qui limite les fermentations trop rapides.
  • Poser un couvercle ou un tissu pour contenir un peu les effluves.
  • Éviter de brasser juste avant de recevoir des invités…

Certains ajoutent une poignée de basalte broyé ou d’argile pour limiter les odeurs, mais ce n’est pas indispensable.

Durée de conservation

  • Idéalement, utiliser le purin d’ortie dans les 3 mois.
  • Au-delà de 6 mois, l’efficacité diminue nettement.
  • Jeter un purin qui développe une pellicule blanche épaisse, une odeur franchement putride ou des moisissures colorées.

Cadre réglementaire (France)

En France, le purin d’ortie a fait l’objet de débats juridiques, mais aujourd’hui :

  • Vous pouvez le fabriquer et l’utiliser pour votre usage personnel dans votre jardin.
  • Sa commercialisation est encadrée (statut de préparation naturelle peu préoccupante, PNPP).

Pour les textes officiels, voir par exemple les informations du ministère de l’Agriculture (lien en fin d’article).

Erreurs fréquentes avec le purin d’ortie

  • Ne pas diluer ou diluer trop peu : c’est l’erreur n°1, qui entraîne brûlures des feuilles et racines.
  • Utiliser sur sol sec et en plein soleil : combinaison parfaite pour stresser les plantes.
  • Multiplier les apports toute la saison : excès d’azote, plantes fragiles, plus sensibles aux maladies et au gel.
  • Vouloir tout traiter avec le purin d’ortie : ce n’est pas un produit miracle, seulement un outil parmi d’autres.
  • Le prendre pour un insecticide radical : mieux vaut gérer les pucerons avec une approche globale (plantes compagnes, auxiliaires, diversité), comme expliqué dans les articles de Jardin365 sur les pucerons au jardin.
  • Stocker en plein soleil : le produit tourne plus vite, perd en efficacité et sent encore pire.

FAQ : questions courantes sur le purin d’ortie

Le purin d’ortie est-il vraiment autorisé ?

Oui, pour un usage personnel au jardin, vous pouvez fabriquer et utiliser votre purin d’ortie. Ce qui est encadré, c’est sa mise sur le marché (vente) en tant que produit de traitement.

Peut-on mélanger purin d’ortie et autres purins ?

C’est possible, mais mieux vaut savoir ce que l’on fait. Par exemple :

  • Purin d’ortie (azote) + purin de consoude (potasse) : intéressant pour les tomates et courges.
  • Éviter de mélanger trop de purins différents au risque de perdre la maîtrise des dosages.

Commencez par utiliser chaque purin séparément, puis faites vos propres essais à petite échelle.

Purin d’ortie ou engrais du commerce ?

Le purin d’ortie a l’avantage d’être gratuit et local, mais il est moins précis que les engrais du commerce (bio ou non) en termes de composition. L’idéal :

  • Un sol bien vivant, enrichi régulièrement en compost.
  • Des apports ponctuels de purin d’ortie pour booster certaines cultures.
  • Éventuellement, un engrais organique du commerce pour corriger un manque spécifique.

Le purin d’ortie tue-t-il les pucerons ?

Les études récentes montrent qu’il n’est pas un insecticide miracle. Au mieux, il peut avoir un léger effet répulsif ou renforcer la plante, mais il ne remplace pas :

  • Les auxiliaires (coccinelles, syrphes, chrysopes).
  • Les plantes compagnes.
  • Une bonne gestion de la biodiversité au jardin.

Pour une stratégie complète, référez-vous aux articles de Jardin365 consacrés aux méthodes naturelles contre les pucerons.

Peut-on utiliser le purin d’ortie en intérieur (plantes d’appartement) ?

Techniquement oui, mais :

  • L’odeur est très forte et tenace.
  • Le risque de surdosage est important dans des pots de petit volume.

Si vous tenez à essayer :

  • Dilution très légère (2–3 %).
  • Apport très ponctuel, au printemps uniquement.
  • Jamais en pulvérisation dans une pièce fermée.

En résumé : Purin d’ortie

  • Le purin d’ortie est un engrais azoté naturel puissant, à diluer impérativement avant usage.
  • Récoltez les orties avant floraison, faites fermenter 7 à 14 jours, puis filtrez et stockez à l’ombre.
  • Utilisez-le surtout en arrosage au pied (10 %) sur les plantes gourmandes, avec modération.
  • Ce n’est pas un insecticide miracle : il complète une approche globale du jardin vivant.
  • Mieux vaut un sol bien amendé en compost et quelques apports ciblés de purin qu’un usage systématique.

Cet article s’appuie sur les retours de terrain de nombreux jardiniers et sur les recommandations actuelles en jardinage écologique.

Si vous débutez avec le purin d’ortie, commencez petit, observez vos plantes, ajustez les dosages… et notez vos résultats d’une saison sur l’autre.


Pour aller plus loin :

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