
Le bouturage d’été vous tente, mais vous ne savez pas quelles plantes multiplier en ce moment ni comment vous y prendre ? Bonne nouvelle : c’est sans doute la période la plus facile de l’année pour se lancer. Le bouturage d’été consiste à prélever un morceau de tige sur une plante entre juillet et la fin du mois d’août, quand le bois est jeune mais déjà un peu ferme, pour obtenir gratuitement de nouveaux pieds identiques à la plante mère.
- Pourquoi l’été est la meilleure saison pour bouturer
- 10 plantes faciles à bouturer en ce moment
- Le matériel : trois fois rien
- La méthode pas à pas
- L’astuce qui change tout : la bouture à l’étouffée
- Bouturer avec la lune, une bonne idée ?
- Erreurs fréquentes
- FAQ
Pourquoi l’été est la meilleure saison pour bouturer
Les jardiniers parlent de boutures « semi-aoûtées ». Derrière ce mot un peu curieux se cache une idée toute simple : en plein été, les tiges qui ont poussé au printemps ne sont plus toutes molles, mais pas encore complètement dures comme du bois. C’est exactement l’état idéal pour qu’une tige coupée fabrique de nouvelles racines.
Vous reconnaissez une tige semi-aoûtée facilement : elle est verte à son extrémité, plus beige ou brune à sa base, et elle plie sans casser net. Sur la lavande, le romarin, l’hortensia ou le rosier, c’est le cas de la plupart des pousses de l’année en ce moment.
Autre avantage de la saison : la chaleur. Les racines se forment beaucoup plus vite dans un substrat à 20 ou 25 degrés qu’au printemps. Là où une bouture d’automne peut demander des mois, une bouture d’été bien menée montre souvent des signes de reprise en trois à six semaines. Seule contrainte, il faudra la protéger du plein soleil et veiller à ce qu’elle ne sèche jamais, on y revient plus bas.
10 plantes faciles à bouturer en ce moment
Les aromatiques : le terrain d’entraînement parfait
Si vous n’avez jamais bouturé, commencez ici. La lavande reprend très bien à partir de tiges de 10 cm non fleuries. Le romarin est encore plus docile : une tige piquée dans un pot de terreau légèrement humide s’enracine presque toute seule. Profitez-en d’ailleurs pour récupérer les tiges saines quand vous rafraîchissez la touffe, comme expliqué dans ce guide sur la taille du romarin. La sauge, le thym et la menthe complètent la liste, la menthe s’enracinant même dans un simple verre d’eau.
Les arbustes à fleurs : hortensia, rosier, laurier-rose
L’hortensia est la star des boutures d’été, et pour cause : le taux de réussite est excellent, même pour un débutant. Choisissez une pousse de l’année sans fleur, coupez sous une paire de feuilles, et supprimez les feuilles du bas.
Le rosier se bouture aussi très bien en fin d’été, y compris les variétés grimpantes dont on trouve un bon panorama dans ce guide du rosier grimpant. Quant au laurier-rose, une tige placée dans une bouteille d’eau à la lumière fera des racines en quelques semaines, un grand classique des rebords de fenêtre.
Les petits fruits et le figuier
Groseilliers et cassissiers se multiplient sans effort : les tiges de l’année prélevées maintenant s’enracinent bien, et vous aurez des pieds prêts à planter à l’automne. Pour choisir les rameaux et savoir quoi en faire ensuite, le guide complet du groseillier vous accompagnera. Le figuier fonctionne aussi, avec une astuce : laissez sécher la coupe une journée avant de planter, car sa sève coule beaucoup.
Le géranium des balcons
Le pélargonium, ce géranium qui fleurit les balcons tout l’été, se bouture d’un simple tronçon de tige de 8 à 10 cm. C’est la meilleure façon de conserver vos plus belles couleurs d’une année sur l’autre sans racheter de plants. Pour tout ce qui concerne son entretien, voyez ce guide complet du géranium.
Le matériel : trois fois rien
Pas besoin d’équipement de professionnel. Un sécateur propre et bien affûté, des petits pots percés, un mélange léger fait de terreau et de sable à parts à peu près égales, une bouteille en plastique coupée ou un sac transparent, et un coin à l’ombre claire. L’hormone de bouturage n’est pas obligatoire : pour toutes les plantes citées plus haut, elle accélère un peu les choses mais on réussit très bien sans.
La méthode pas à pas
Voici l’essentiel en cinq gestes. Si vous voulez le détail complet avec toutes les variantes, notre guide du bouturage pas à pas reprend tout depuis le début.
1. Prélevez le matin, quand les tiges sont gorgées d’eau. Choisissez une pousse saine, sans fleur ni bouton, de 10 à 15 cm.
2. Coupez juste sous un nœud, c’est-à-dire sous le point où une feuille s’attache à la tige. C’est là que les racines apparaissent le plus volontiers.
3. Retirez les feuilles de la moitié basse de la tige. S’il reste de grandes feuilles en haut, coupez-les de moitié pour limiter l’évaporation.
4. Piquez la tige sur un tiers de sa longueur dans le mélange terreau et sable, tassez doucement, arrosez en pluie fine.
5. Placez le pot à l’ombre lumineuse, jamais en plein soleil, et gardez le substrat frais mais pas détrempé.
Ensuite, patience. Ne tirez pas sur la tige pour vérifier : si de nouvelles petites feuilles apparaissent, c’est que des racines travaillent en dessous.
L’astuce qui change tout : la bouture à l’étouffée
Le principal ennemi d’une bouture d’été, c’est le dessèchement : sans racines, la tige ne peut pas compenser l’eau qu’elle perd par ses feuilles. La solution s’appelle la bouture à l’étouffée. Elle consiste à enfermer le pot sous une cloche transparente, une demi-bouteille en plastique ou un sac de congélation maintenu par un élastique.
Sous cet abri, l’air reste saturé d’humidité et la bouture ne fane pas. Deux précautions : ouvrez quelques minutes tous les deux ou trois jours pour renouveler l’air et éviter les moisissures, et ne laissez jamais l’ensemble au soleil direct, sinon l’effet de serre grillerait la tige en quelques heures. Pendant les épisodes de forte chaleur annoncés par Météo-France, déplacez vos boutures à l’endroit le plus frais du jardin ou de la maison.
Un mot sur l’arrosage en période de restriction : quelques boutures ne consomment presque rien, un verre d’eau tous les deux jours suffit largement. Vous pouvez vérifier les règles en vigueur dans votre commune sur le site officiel VigiEau.
Bouturer avec la lune, une bonne idée ?
Les adeptes du jardinage avec la lune réservent le bouturage aux périodes de lune descendante, quand la sève est réputée favoriser le bas de la plante, donc les racines. En plein été, ces fenêtres reviennent environ deux semaines par mois : de quoi étaler tranquillement vos séances de bouturage. Si le sujet vous intrigue, nous avons expliqué le principe en détail dans cet article sur le fonctionnement du calendrier lunaire. Et si vous ratez la bonne fenêtre, ne vous privez pas pour autant : une bouture bien préparée reprend aussi hors calendrier.
Erreurs fréquentes
Bouturer une tige fleurie. Une tige qui porte des fleurs met son énergie dans la floraison, pas dans les racines. Supprimez fleurs et boutons, ou choisissez une autre pousse.
Installer les pots en plein soleil. C’est l’erreur qui tue le plus de boutures en été. Ombre lumineuse, toujours : au pied d’une haie, sous une table de jardin, derrière une fenêtre au nord.
Trop arroser. Un substrat détrempé fait pourrir la base de la tige. Visez un terreau frais comme une éponge essorée, jamais de soucoupe pleine d’eau.
Utiliser un sécateur sale. Une lame souillée transmet des maladies à une tige sans défense. Un coup d’alcool à 70 degrés sur la lame avant de commencer, et entre deux plantes différentes.
Rempoter trop tôt. Attendez que des racines sortent par les trous du pot ou qu’une vraie nouvelle pousse se développe. Déranger une bouture à peine enracinée ruine souvent des semaines de patience.
FAQ
Combien de temps faut-il pour qu’une bouture d’été prenne racine ?
Comptez trois à six semaines pour la plupart des plantes citées ici, parfois deux semaines seulement pour la menthe ou le pélargonium. Le figuier et le rosier peuvent demander un peu plus.
Peut-on faire ses boutures dans l’eau plutôt que dans du terreau ?
Oui pour la menthe, le laurier-rose ou le basilic, qui s’enracinent très bien dans un verre d’eau. Pour la lavande, le romarin ou l’hortensia, le terreau donne des racines plus solides et une reprise plus sûre au moment de la plantation.
Quand planter en pleine terre une bouture réussie ?
Le plus souvent à l’automne suivant, quand la motte est bien colonisée par les racines et que les pluies facilitent la reprise. Les boutures un peu justes passeront l’hiver à l’abri du gel pour être plantées au printemps.
Faut-il de l’hormone de bouturage ?
Non, ce n’est pas indispensable. Elle augmente un peu les chances sur les plantes difficiles, mais toutes les espèces de cet article réussissent sans. De l’eau de saule maison peut jouer un rôle similaire.
En résumé : bouturage d’été
- Juillet et août sont la période idéale pour bouturer : les tiges semi-aoûtées s’enracinent vite grâce à la chaleur.
- Dix valeurs sûres pour débuter : lavande, romarin, sauge, thym, menthe, hortensia, rosier, laurier-rose, groseillier et géranium.
- La recette de base : tige saine de 10 à 15 cm sans fleur, coupe sous un nœud, terreau et sable, ombre lumineuse.
- La bouture à l’étouffée, sous bouteille ou sac transparent, protège du dessèchement et multiplie les réussites.
- Les pièges à éviter : plein soleil, excès d’eau, tige fleurie et rempotage précipité.
Ces conseils s’appuient sur les gestes éprouvés des jardiniers amateurs et sur notre expérience des multiplications réussies au fil des saisons sur Jardin365. Alors, à vos sécateurs : quelques minutes de bouturage aujourd’hui, ce sont des dizaines de nouvelles plantes gratuites pour votre jardin de demain.