
L’arbre fruitier à racines nues est-il vraiment la meilleure façon de garnir un verger à petit prix ? Oui, à condition de le planter au bon moment et de respecter quelques gestes simples, que l’on détaille ici.
Un arbre fruitier à racines nues est un arbre vendu sans terre ni pot : ses racines sont directement à l’air, souvent protégées par un sac humide. On le trouve de novembre à mars, pendant que l’arbre dort, et il coûte nettement moins cher qu’un arbre en conteneur.
- Pourquoi choisir la racine nue
- Quelle période pour planter
- Bien choisir son arbre
- Le pralinage, un geste qui change tout
- Le trou et l’emplacement
- Planter pas à pas
- Les premiers mois
- Erreurs fréquentes
- Questions fréquentes
Pourquoi choisir la racine nue plutôt que le pot
Le premier avantage, c’est le prix : à qualité égale, l’arbre à racines nues revient souvent à moitié moins cher qu’un arbre en pot. Le deuxième, c’est la variété du choix. Les pépiniéristes proposent beaucoup plus de variétés anciennes et rustiques à cette période, là où les jardineries se limitent aux valeurs sûres.
Le troisième avantage est moins connu : un arbre planté sans motte développe tout de suite ses racines dans votre sol, au lieu de tourner en rond dans un pot. Il s’installe plus franchement, et on le voit au bout de deux ou trois ans.
Quelle période pour planter
La règle est simple : on plante quand l’arbre a perdu ses feuilles et que le sol n’est ni gelé ni détrempé. En pratique, la fenêtre s’ouvre en novembre et dure jusqu’à la fin de l’hiver. L’automne est la meilleure option dans la plupart des régions, parce que la terre est encore tiède et que les racines démarrent un peu avant les grands froids.
Dans le Nord et l’Est, où les hivers sont rudes, on peut aussi attendre la fin de l’hiver, dès que la terre se ressuie. Consultez les prévisions sur Météo-France avant de vous lancer : pas de plantation un jour de gel dur, ni après des pluies qui ont transformé le jardin en bourbier.
Côté lune, beaucoup de jardiniers préfèrent planter en lune descendante, quand la sève a tendance à redescendre vers les racines. Ce n’est pas une obligation, mais si votre calendrier le permet, autant en profiter. Pour les autres périodes de l’année, notre guide pour savoir quand planter les fruitiers donne le détail.
Bien choisir son arbre
Regardez les racines avant tout
Un bon arbre a des racines nombreuses, souples et claires à la coupe. Évitez celles qui sont sèches, cassantes ou noircies. Le tronc doit être droit, sans blessure ouverte, et l’écorce lisse et tendue, pas fripée.
Variété, porte-greffe et taille adulte
Le porte-greffe, c’est le pied sur lequel la variété est greffée. C’est lui qui décide de la taille finale de l’arbre. Un porte-greffe nanisant donne un petit arbre, parfait pour un jardin de ville. Un franc ou un semi-vigoureux donne un grand arbre, plus long à entrer en production mais plus durable. Demandez toujours l’information au vendeur.
Pour un premier verger, privilégiez des variétés rustiques, adaptées à votre climat. Notre sélection des arbres fruitiers les plus résistants aide à trancher. Et si vous hésitez sur le pollinisateur, sachez que beaucoup de pommiers et de poiriers ont besoin d’un voisin de la même famille pour donner de beaux fruits. Les variétés dites autofertiles s’en passent.
Le pralinage, un geste qui change tout
Les racines nues détestent le vent et le soleil. Dès que vous récupérez l’arbre, gardez-les au frais et à l’abri. Si vous ne plantez pas le jour même, mettez l’arbre en jauge : on le cale dans un coin du jardin, racines enterrées dans la terre ou le sable, pour quelques jours.
Juste avant la plantation, faites tremper les racines dans un seau d’eau pendant deux à trois heures, pas davantage. Puis passez-les dans un pralin : un mélange épais de terre argileuse, d’eau et d’un peu de bouse de vache ou de compost fin, de la consistance d’une crème épaisse. Ce petit enrobage garde l’humidité autour des racines et facilite la reprise. C’est un geste de dix minutes qui fait vraiment la différence.
Le trou et l’emplacement
Un fruitier aime le soleil et un sol qui ne retient pas l’eau. Évitez les creux où l’eau stagne et les endroits très exposés au vent. Prévoyez de la place : un pommier standard a besoin de plusieurs mètres autour de lui, un arbre palissé beaucoup moins.
Creusez un trou large, environ deux fois la taille des racines, et profond de la hauteur du système racinaire plus quelques centimètres. Ameublissez le fond à la fourche, sans retourner les couches. Si votre terre est pauvre, mélangez-lui un peu de compost mûr, mais pas de fumier frais qui brûlerait les racines. Notre article pour amender le sol en automne explique quoi apporter et dans quelle quantité.
Planter pas à pas
- Plantez d’abord le tuteur, côté vent dominant, avant de poser l’arbre. Enfoncé après, il risquerait de blesser les racines.
- Taillez au sécateur propre les racines abîmées ou trop longues, juste de quoi rafraîchir les coupes.
- Posez l’arbre dans le trou et étalez les racines vers l’extérieur, sans les replier.
- Repérez le point de greffe, ce renflement au bas du tronc : il doit rester à environ dix centimètres au-dessus du sol, jamais enterré.
- Rebouchez avec la terre du trou, en la tassant doucement avec les mains, et en secouant l’arbre de temps en temps pour que la terre se glisse entre les racines.
- Fixez l’arbre au tuteur avec un lien souple, en forme de huit, qui ne serre pas le tronc.
- Arrosez abondamment, même s’il pleut : dix à quinze litres, pour coller la terre aux racines.
Pour un exemple précis sur une espèce très appréciée, le guide pour réussir la plantation d’un pommier reprend ces étapes avec des conseils adaptés.
Les premiers mois
Après la plantation, étalez un paillage de feuilles mortes, de paille ou de broyat autour du pied, sur cinq à dix centimètres, sans toucher le tronc. Il protège du froid, limite les herbes et garde l’humidité. Vous pouvez d’ailleurs utiliser les feuilles de votre jardin, comme l’explique cet article sur les feuilles mortes.
Au printemps, surveillez l’arrosage. La première année est décisive : un arbre jeune qui manque d’eau l’été peut ne jamais s’en remettre. Un arrosage copieux toutes les une à deux semaines en période sèche vaut mieux que de petits arrosages tous les jours.
La taille de formation se fait dès la première année, pour donner sa forme à l’arbre. Elle a ses règles, détaillées dans notre page sur comment et quand tailler les fruitiers. Ne comptez pas sur une récolte immédiate : selon l’espèce, il faut patienter deux à cinq ans avant les premiers beaux fruits.
Erreurs fréquentes
- Enterrer le point de greffe. La variété greffée risque alors de s’enraciner seule et de perdre les qualités du porte-greffe.
- Laisser les racines à l’air. Quelques minutes au vent et au soleil suffisent à les abîmer. Gardez-les couvertes jusqu’au dernier moment.
- Planter par temps de gel ou de sol gorgé d’eau. Mieux vaut remettre l’arbre en jauge quelques jours que de le planter dans la boue.
- Mettre du fumier frais au fond du trou. Il brûle les racines. Préférez un compost bien mûr.
- Oublier d’arroser après la plantation. Même en hiver, ce premier arrosage est indispensable.
- Serrer trop le lien du tuteur. Il finit par étrangler le tronc en grossissant.
- Planter trop près d’un mur ou d’un autre arbre. Pensez à la taille adulte, pas à celle du jour de l’achat.
Questions fréquentes
Peut-on planter un arbre à racines nues en pleine saison ?
Non. Ce type d’arbre ne se plante que lorsqu’il est endormi, sans feuilles. En dehors de l’hiver, il faut choisir un arbre en pot ou en conteneur.
Combien de temps garder un arbre à racines nues avant de le planter ?
Le plus tôt est le mieux. Au frais, avec les racines humides, il se garde quelques jours. En jauge dans la terre, il peut attendre une à deux semaines.
Faut-il tailler l’arbre à la plantation ?
On rafraîchit seulement les racines abîmées. La taille de la partie aérienne se fait ensuite, selon la forme voulue, en fin d’hiver.
Quel arbre pour un petit jardin ?
Un arbre sur porte-greffe nanisant, ou un fruitier palissé contre un mur. Les petits fruits et les pommiers colonnaires sont aussi de bons choix.
Peut-on associer les fruitiers à une haie ?
Oui, c’est même très intéressant pour la biodiversité. Voyez comment planter une haie champêtre en automne pour y mêler quelques fruitiers.
En résumé : arbre fruitier racines nues
- On plante de novembre à la fin de l’hiver, quand l’arbre est sans feuilles et le sol ni gelé ni détrempé.
- Des racines souples et nombreuses, un tronc droit, un porte-greffe adapté : le choix à l’achat compte énormément.
- Trempage de quelques heures puis pralinage pour aider la reprise.
- Point de greffe toujours à l’air libre, tuteur planté avant l’arbre, arrosage copieux ensuite.
- Un paillage et un arrosage régulier la première année assurent l’avenir de l’arbre.
Ces conseils viennent des gestes que les pépiniéristes et les jardiniers recommandent depuis longtemps, et que l’on vérifie année après année dans un verger familial : un arbre bien planté une fois produit pendant des décennies.
Si vous hésitez encore, commencez par un seul arbre, bien choisi et bien installé : c’est le meilleur début pour un futur verger.
Pour en savoir plus sur les aides et les bonnes pratiques arboricoles, consultez aussi le site du ministère de l’Agriculture, et découvrez sur Jardinerbio comment planter un arbre fruitier en automne.