
Vous aimeriez bouturer les géraniums de vos jardinières pour ne plus jamais les racheter ? Bonne nouvelle : c’est l’une des multiplications les plus faciles du jardin, et la fin de l’été reste le moment idéal pour s’y mettre.
Bouturer les géraniums, c’est prélever un bout de tige sur un pied que vous aimez, puis le faire raciner pour obtenir un nouveau plant identique. Ces géraniums de balcon sont en réalité des pélargoniums, mais la méthode ne change pas, et elle ne coûte rien.
Voici les points abordés dans ce guide :
- Pourquoi bouturer vos géraniums
- Le bon moment pour bouturer
- Le matériel et le bon substrat
- Bouturer les géraniums étape par étape
- Dans l’eau ou en terre ?
- Garder les jeunes plants tout l’hiver
- Erreurs fréquentes
- Questions fréquentes
Pourquoi bouturer vos géraniums
La première raison est simple : c’est gratuit. Un seul pied bien fourni peut donner cinq à dix boutures, de quoi garnir plusieurs jardinières l’année suivante sans repasser par la jardinerie.
La deuxième raison tient à la fidélité de la plante. Une bouture donne un clone du pied d’origine, avec la même couleur de fleur et le même port. Si vous tenez à un rouge vif ou à un rose bien précis, c’est le seul moyen sûr de le retrouver à l’identique. Le semis, lui, réserve parfois des surprises.
Enfin, bouturer permet de sauver un pied avant l’hiver. Plutôt que de rentrer de gros sujets encombrants, vous conservez quelques jeunes plants faciles à loger sur un rebord de fenêtre. C’est aussi une belle façon de partager une variété avec vos proches. Comme pour la division des vivaces, multiplier soi-même ses plantes fait vite des économies.
Le bon moment pour bouturer les géraniums
La fin de l’été et le tout début de l’automne forment la meilleure fenêtre. Les tiges sont alors ni trop tendres ni trop dures, un stade que les jardiniers appellent semi-aoûté. Elles racinent vite tant que la chaleur du sol se maintient, avant l’arrivée des nuits fraîches.
Vous pouvez aussi bouturer au printemps, mais l’opération de fin de saison a un avantage : elle vous met à l’abri d’un pied perdu pendant l’hiver. Beaucoup d’autres plantes suivent le même calendrier, à l’image du bouturage de fin d’été ou de la bouture des rosiers.
Si vous jardinez avec la lune, privilégiez la période de lune descendante, réputée favorable à l’enracinement. Pour bien comprendre ce repère, notre article sur le calendrier lunaire explique tout simplement. Cela dit, une bouture réussit très bien sans y prêter attention.
Le matériel et le bon substrat
Pas besoin de grand-chose. Un sécateur ou un couteau propre et bien aiguisé, de petits pots ou une caissette, et un substrat léger. Nettoyez la lame avant de commencer : un simple coup de chiffon avec un peu d’alcool suffit à éviter de transmettre des maladies d’un pied à l’autre.
Le secret d’une bonne reprise, c’est un substrat qui draine. Les géraniums détestent l’excès d’eau et pourrissent au moindre trop-plein. Mélangez à parts égales du terreau et du sable grossier, ou du terreau et de la perlite. Ce mélange reste humide juste ce qu’il faut, sans jamais rester détrempé. Évitez la terre de jardin lourde, qui se compacte et garde trop l’eau au fond du pot.
Bouturer les géraniums étape par étape
Prélever la tige
Choisissez une tige saine, sans fleur, d’une dizaine de centimètres. Coupez juste sous un nœud, ce petit renflement d’où partent les feuilles, car c’est là que les racines se forment le plus facilement. Une pousse un peu ferme reprend mieux qu’un bout de tige tout mou.
Préparer et planter la bouture
Retirez les feuilles du bas pour ne garder que deux ou trois feuilles en haut. Supprimez aussi les éventuels boutons floraux, qui épuiseraient la bouture pour rien. Un point important propre aux géraniums : laissez sécher la base à l’air libre pendant une à deux heures. La petite croûte qui se forme limite beaucoup le risque de pourriture. Plantez ensuite la tige sur trois à quatre centimètres dans le substrat, puis tassez doucement autour.
Les soins jusqu’à l’enracinement
Placez les pots à la lumière, mais sans soleil brûlant derrière une vitre. Gardez le substrat à peine humide, en laissant sécher la surface entre deux arrosages. Contrairement à beaucoup de boutures, les géraniums ne veulent surtout pas de cloche ni de sac plastique : l’excès d’humidité les fait pourrir. Comptez environ trois à quatre semaines pour voir apparaître les premières racines. Une légère résistance quand vous tirez tout doucement sur la tige est bon signe.
Faut-il bouturer dans l’eau ou en terre ?
On voit souvent des boutures qui trempent dans un verre d’eau. Pour les géraniums, ce n’est pas la meilleure idée. Leurs tiges charnues, gorgées de sève, tournent facilement dans l’eau, et les rares racines obtenues supportent mal le passage en pot ensuite.
La mise en terre, ou plutôt dans un substrat sableux, reste bien plus sûre. C’est vrai pour d’autres plantes charnues, alors que des tiges plus ligneuses comme celles de l’hortensia tolèrent mieux d’autres méthodes. Si vous voulez tenter l’eau malgré tout, changez-la souvent et repiquez dès les premières racines, sans attendre.
Garder les jeunes plants tout l’hiver
Une fois racinées, vos boutures deviennent de petits plants qu’il faut protéger du gel. Les géraniums ne supportent pas les températures négatives. Rentrez-les dans une pièce lumineuse et fraîche : une véranda, une cage d’escalier claire ou un rebord de fenêtre peu chauffé conviennent très bien.
Pendant cette période de repos, arrosez très peu, juste assez pour que la motte ne se dessèche pas complètement. Un excès d’eau en hiver est la cause numéro un de pertes. Au printemps, quand tout risque de gelée est écarté, vous les rempoterez dans un terreau neuf avant de les ressortir. Un conseil pratique : surveillez les prévisions de Météo-France pour repérer les premières gelées et rentrer vos plants à temps. Et pour garder la main pendant cette saison, jetez un œil à nos idées dans l’article sur ce que l’on plante à cette période.
Erreurs fréquentes
Quelques faux pas reviennent souvent et compromettent la reprise :
- Trop arroser. C’est l’erreur numéro un. Un substrat détrempé fait pourrir la base avant même l’apparition des racines.
- Garder les fleurs. Une bouture qui fleurit dépense son énergie dans la fleur au lieu de raciner. On supprime tout bouton.
- Couvrir d’une cloche. Utile pour d’autres plantes, néfaste pour les géraniums, qui réclament de l’air.
- Prélever une tige molle ou trop âgée. Les tiges creuses et fatiguées racinent mal. On préfère une pousse ferme et saine.
- Oublier de laisser sécher la coupe. Ce petit temps de repos change tout contre la pourriture.
Questions fréquentes
Faut-il de l’hormone de bouturage pour les géraniums ?
Non, ce n’est pas nécessaire. Les géraniums racinent très bien sans. L’hormone peut légèrement accélérer les choses, mais une bouture propre plantée dans un bon substrat s’en passe sans souci.
Combien de temps faut-il pour que la bouture racine ?
Comptez trois à quatre semaines dans de bonnes conditions. Ne tirez pas sur la tige trop tôt : attendez de voir de nouvelles feuilles pousser, c’est le signe le plus sûr que les racines travaillent.
Peut-on bouturer un géranium acheté en jardinerie ?
Oui, du moment que le pied est sain et vigoureux. Vous multipliez ainsi une variété qui vous plaît sans racheter plusieurs plants. C’est une manière économique de garnir tout un balcon à partir d’un seul achat.
Mes boutures noircissent à la base, pourquoi ?
C’est presque toujours un excès d’eau, parfois aggravé par un substrat trop compact. Espacez les arrosages, ajoutez du sable au mélange, et laissez bien sécher la coupe avant de planter la fournée suivante.
En résumé : bouturer les géraniums
- La fin de l’été et le début de l’automne sont la période idéale, avec une préférence pour la lune descendante.
- Prélevez une tige saine sans fleur, laissez sécher la coupe, puis plantez dans un mélange de terreau et de sable.
- Arrosez peu et jamais de cloche : les géraniums craignent l’excès d’humidité.
- Rentrez les jeunes plants hors gel pour l’hiver, en arrosant très peu.
- Une bouture donne un plant identique au pied d’origine, gratuitement.
Ces conseils s’appuient sur des pratiques de jardinage éprouvées et sur l’observation du comportement des géraniums au fil des saisons. En les suivant pas à pas, même un débutant obtient facilement de nouveaux pieds.
À vous de jouer : repérez un beau géranium, prélevez deux ou trois tiges cette semaine, et offrez-vous des jardinières fleuries l’an prochain sans rien dépenser.
Pour aller plus loin, ces guides complètent bien le sujet : le guide complet du géranium, un tour d’horizon du bouturage de fin d’été et la bouture des arbustes.