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Arbre fruitier à racines nues : quand et comment bien le planter

01/10/2026 par Jardin365 • Temps de lecture 7 min

Pommes rouges mûres sur une branche, résultat d'un arbre fruitier à racines nues bien planté au jardin

Un arbre fruitier à racines nues est-il vraiment plus difficile à planter qu’un arbre en pot ? Pas du tout, à condition de respecter quelques règles simples et de ne pas traîner une fois l’arbre reçu.

Un arbre à racines nues, c’est un jeune arbre vendu sans terre autour des racines, arraché pendant son repos d’hiver. Il coûte moins cher, il est plus facile à transporter et il reprend souvent mieux qu’un arbre élevé en pot.

Pourquoi choisir les racines nues

Quand on achète un fruitier à l’automne, on hésite souvent entre le pot et les racines nues. Le pot rassure, car on voit l’arbre feuillu et on peut le planter presque toute l’année. Mais ses racines sont parfois enroulées sur elles-mêmes, et il met du temps à s’étaler dans le sol du jardin.

L’arbre à racines nues, lui, étale ses racines librement dès le départ. Il s’installe plus solidement, résiste mieux au vent et au manque d’eau les années suivantes. Le choix de variétés est aussi plus large chez les pépiniéristes, surtout pour les vieilles variétés de pommiers, poiriers et pruniers.

Si vous hésitez sur l’espèce, notre sélection des arbres fruitiers les plus résistants aide à choisir un arbre qui ne demandera pas trop de soins.

La bonne période pour planter

La règle est simple : on plante un arbre à racines nues quand il dort, c’est-à-dire sans feuilles, de la chute des feuilles jusqu’à la fin de l’hiver. En pratique, la fin de l’automne et le début de l’hiver sont les meilleurs moments, parce que la terre est encore un peu tiède et que les racines commencent à s’installer avant le #emps.

Il y a quelques jours à éviter, même en pleine saison de plantation :

  • quand le sol est gelé en profondeur, car on ne peut ni creuser ni bien tasser la terre ;
  • quand il est détrempé, car les racines pourriraient dans une boue froide ;
  • quand un gel fort est annoncé dans les prochaines nuits.

Dans le doute, consultez la météo locale sur meteofrance.com avant de sortir la bêche. Dans les régions très froides, mieux vaut attendre la fin de l’hiver que planter par temps de gel.

À la réception : ne pas laisser sécher les racines

C’est l’étape que l’on oublie le plus souvent. Des racines nues qui restent à l’air libre quelques heures par vent sec peuvent être abîmées, et l’arbre aura du mal à repartir.

Dès que le colis arrive, ouvrez-le et regardez l’état des racines : elles doivent être souples, claires à la coupe et un peu humides. Si vous ne pouvez pas planter dans les deux ou trois jours, deux solutions :

  • mettre l’arbre en jauge : on creuse une petite tranchée dans un coin abrité, on couche l’arbre dedans et on recouvre les racines de terre ;
  • ou garder le colis fermé dans un local frais, à l’abri du gel, avec les racines enveloppées dans un sac humide.

Avant la plantation, faites tremper les racines dans un seau d’eau pendant quelques heures, pas plus de vingt-quatre. Cela les réhydrate et l’arbre démarre beaucoup plus facilement.

Le pralinage, un petit plus qui aide

Le pralinage consiste à tremper les racines dans un mélange de terre argileuse, de bouse de vache ou de compost tamisé et d’eau, jusqu’à obtenir une pâte crémeuse. Cette fine couche garde l’humidité autour des racines et facilite le contact avec la terre. Ce n’est pas obligatoire, mais c’est peu coûteux et très efficace.

Préparer le trou et le sol

Un arbre fruitier reste souvent trente ans ou plus au même endroit. Prenez donc le temps de bien choisir sa place : beaucoup de soleil, un sol qui ne reste pas gorgé d’eau, et assez d’espace autour de lui pour qu’il grandisse sans gêner les voisins.

Creusez un trou large plutôt que profond : environ deux fois la largeur des racines et assez profond pour qu’elles ne soient pas repliées. Séparez la terre du dessus, plus riche, de celle du fond. Si le sol est lourd et compacté, ameublez les parois et le fond du trou avec une fourche pour que les racines puissent s’y enfoncer.

Pour nourrir le jeune arbre sans le brûler, mélangez à la terre du dessus une poignée de compost mûr. Évitez les engrais chimiques et le fumier frais à ce stade, qui peuvent abîmer les racines tendres.

Planter pas à pas

1. Habiller les racines

Avec un sécateur propre, raccourcissez légèrement les racines abîmées ou trop longues. Une coupe nette cicatrise mieux qu’une racine écrasée.

2. Poser le tuteur avant l’arbre

Plantez d’abord le tuteur, côté vent dominant, un peu à l’écart du centre du trou. Si vous le plantez après, vous risquez de blesser les racines.

3. Placer l’arbre à la bonne hauteur

Repérez le point de greffe : c’est le renflement, un peu comme un coude, en bas du tronc. Il doit rester à quatre ou cinq centimètres au-dessus du niveau du sol, jamais enterré. Sinon, la variété greffée peut s’enraciner elle-même et l’arbre perd les qualités du porte-greffe. Si le sujet vous intéresse, découvrez aussi comment se fait une greffe sur un fruitier.

4. Remplir et tasser doucement

Étalez les racines dans le trou, puis rebouchez avec la terre en la glissant entre elles. Secouez légèrement l’arbre pour éviter les poches d’air, puis tassez du pied, sans écraser. Faites une petite cuvette autour du tronc pour retenir l’eau.

5. Arroser copieusement

Même par temps humide, versez au moins un grand arrosoir d’eau. Cet arrosage « de plantation » plaque la terre contre les racines et c’est lui qui fait vraiment la différence.

Après la plantation : arrosage, paillage, taille

Fixez le tronc au tuteur avec un lien souple, sans serrer, en le croisant en huit pour que l’écorce ne frotte pas. Ensuite, posez un paillage épais autour du pied, en laissant quelques centimètres libres près du tronc. Il protège du gel, garde l’humidité et limite l’herbe. Notre guide du paillage au jardin détaille les matières les plus pratiques.

Au #emps, surveillez l’arrosage : un jeune fruitier a besoin d’eau régulière la première année, surtout en cas de période sèche. Quant à la taille de formation, elle se fait généralement en fin d’hiver : on raccourcit un peu les branches pour obtenir une belle charpente. Pour les pommiers, notre article sur la taille du pommier donne les bons repères.

Erreurs fréquentes

  • Laisser les racines à l’air : un quart d’heure de vent sec suffit à les abîmer. Gardez-les protégées jusqu’à la plantation.
  • Enterrer le point de greffe : c’est l’erreur la plus classique, avec des conséquences visibles quelques années plus tard.
  • Planter trop profond : les racines manquent d’air et l’arbre végète. Mieux vaut un peu trop haut que trop bas.
  • Oublier l’arrosage de plantation : sans lui, la terre reste creuse autour des racines.
  • Mettre de l’engrais frais dans le trou : il brûle les racines. Le compost mûr suffit largement.
  • Planter par sol gelé ou détrempé : mieux vaut patienter quelques jours que perdre l’arbre.
  • Oublier les protections : un manchon contre les lapins et les campagnols évite de perdre un jeune tronc en une nuit.

FAQ

Peut-on planter un arbre à racines nues au #emps ?

C’est possible seulement s’il est encore bien endormi, sans bourgeons ouverts. Dès que les feuilles sortent, il vaut mieux acheter un arbre en pot.

Combien de temps faut-il attendre les premiers fruits ?

Selon l’espèce et le porte-greffe, comptez généralement de deux à cinq ans. Les petits fruits arrivent souvent plus vite que les grands arbres.

Faut-il planter deux arbres pour avoir des fruits ?

Cela dépend de la variété. Beaucoup de pommiers et de poiriers ont besoin d’un voisin pollinisateur à proximité, alors que d’autres, comme certains pruniers, se suffisent à eux-mêmes. Demandez conseil au pépiniériste au moment de l’achat.

Que faire si l’arbre semble mort au #emps ?

Grattez doucement l’écorce d’une jeune branche avec l’ongle : si c’est vert en dessous, l’arbre est vivant et il redémarrera. Patientez jusqu’au début de l’été avant de conclure.

En résumé : arbre fruitier à racines nues

  • On le plante en période de repos, de la chute des feuilles à la fin de l’hiver, hors gel et sol détrempé.
  • Les racines ne doivent jamais sécher : mise en jauge ou trempage avant la plantation.
  • Le point de greffe reste toujours au-dessus du sol.
  • Un bon arrosage de plantation, un tuteur et un paillage assurent la reprise.
  • Protégez le tronc et patientez : les premières récoltes viennent au bout de quelques années.

Ces conseils viennent de gestes simples et couramment pratiqués dans les vergers familiaux, adaptés à un petit jardin. Chaque terrain est différent, alors observez votre arbre la première année et ajustez au fur et à mesure.

Si vous avez un coin de jardin disponible, c’est le bon moment d’y penser : un seul fruitier bien planté vous récompensera pendant des décennies.

Pour aller plus loin : quand et comment planter les arbres fruitiers, protéger les arbres fruitiers des fourmis et des pucerons et la cloque du pêcher dans le verger familial. Pour les conseils officiels sur les plantations et la forêt-jardin, voir aussi agriculture.gouv.fr.

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